Une percée dans le métabolisme des spermatozoïdes ouvre la voie au contrôle des naissances masculins non hormonaux

0
2

De nouvelles recherches ont identifié les processus métaboliques précis utilisés par les spermatozoïdes pour entrer en action, ouvrant potentiellement la porte à une approche révolutionnaire de la contraception masculine. Pendant des décennies, le développement d’un contrôle des naissances masculin efficace a pris du retard par rapport aux options féminines. La plupart des stratégies existantes se concentrent sur la suppression de la production de spermatozoïdes, ce qui présente des inconvénients : elle n’est pas effectuée à la demande et les approches hormonales entraînent des effets secondaires. Cette étude suggère une voie différente : désactiver temporairement la fonction des spermatozoïdes sans intervention hormonale.

Comment la fécondation du sperme alimente-t-elle

Les spermatozoïdes existent dans un état de faible énergie jusqu’au moment de l’éjaculation. Une fois libérés, ils subissent une transformation rapide, augmentant la production d’énergie pour nager avec force et pénétrer dans l’œuf. Les scientifiques savent depuis longtemps que cela se produit, mais comment reste incertain. Melanie Balbach, chercheuse principale à la Michigan State University, et son équipe ont maintenant cartographié les voies métaboliques utilisées par les spermatozoïdes pour traiter le glucose – le sucre qu’ils absorbent comme carburant.

“Le métabolisme des spermatozoïdes est particulier puisqu’il vise uniquement à générer plus d’énergie pour atteindre un seul objectif : la fécondation”, explique Balbach.

L’équipe a développé une méthode pour suivre le glucose à l’intérieur des spermatozoïdes, révélant des différences critiques entre les états inactifs et activés. Cette approche leur a permis d’identifier les enzymes spécifiques impliquées dans la conversion du glucose en énergie utilisable, y compris le rôle clé de l’aldolase. Le processus ne concerne pas seulement le carburant externe ; les spermatozoïdes dépendent également de leurs réserves d’énergie internes au début du voyage.

Le potentiel de la contraception non hormonale

Les travaux antérieurs de Balbach ont montré que le blocage d’une enzyme spécifique du sperme pouvait induire une infertilité temporaire chez la souris, faisant allusion à une solution non hormonale. Aujourd’hui, la nouvelle recherche identifie des enzymes précises de « contrôle du trafic » qui régulent le flux de glucose par les voies métaboliques. Cibler ces enzymes avec un inhibiteur pourrait désactiver temporairement la fonction des spermatozoïdes à la demande, offrant ainsi une option contraceptive réversible et potentiellement sans effets secondaires.

Cette approche est particulièrement importante car :

  • Les méthodes hormonales actuelles destinées aux hommes provoquent souvent des effets secondaires.
  • De nombreuses grossesses ne sont pas planifiées. Donner aux hommes un contrôle supplémentaire sur leur fertilité pourrait réduire ce nombre.
  • Cela pourrait offrir aux femmes une alternative à la contraception hormonale, qui comporte ses propres risques.

Au-delà de la contraception : implications pour l’infertilité

L’impact de l’étude s’étend au-delà de la contraception. L’infertilité touche environ 1 personne sur 6 dans le monde. Une compréhension plus approfondie du métabolisme des spermatozoïdes pourrait conduire à de meilleurs outils de diagnostic et à de meilleures technologies de procréation assistée. L’équipe de Balbach explore actuellement la manière dont les spermatozoïdes utilisent différentes sources de carburant, comme le glucose et le fructose, pour affiner ces résultats.

La prochaine étape consiste à appliquer ces découvertes au sperme humain. Cette recherche, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, représente une étape majeure vers une nouvelle ère de santé reproductive, offrant à la fois des options contraceptives innovantes et des traitements améliorés contre l’infertilité.