La découverte d’hormones offre une avancée potentielle pour les maux de dos chroniques

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De nouvelles recherches suggèrent une solution potentielle aux maux de dos chroniques : ** manipuler les niveaux d’hormones pour stopper la croissance nerveuse anormale ** dans les tissus rachidiens endommagés. Une étude publiée dans Bone Research détaille comment l’hormone parathyroïdienne (PTH) peut inverser ce processus, offrant ainsi une nouvelle compréhension de la façon dont les cellules osseuses influencent la signalisation de la douleur dans les colonnes vertébrales qui se détériorent. Il ne s’agit pas seulement de gérer les symptômes ; il s’agit de s’attaquer aux causes biologiques sous-jacentes des maux de dos chroniques.

La découverte principale : inverser la prolifération nerveuse

Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins, dirigés par le Dr Janet L. Crane, ont découvert que la PTH active des signaux naturels qui éloignent les nerfs sensibles à la douleur des zones où ils ne devraient pas être. Ceci est important car les maux de dos chroniques surviennent souvent lorsque les nerfs se développent dans des régions de la colonne vertébrale auxquelles ils n’appartiennent pas, augmentant ainsi l’inconfort.

Comment fonctionne l’hormone parathyroïdienne

La PTH est une hormone naturelle régulant les niveaux de calcium et le remodelage osseux. La PTH synthétique est déjà utilisée pour traiter l’ostéoporose, mais des recherches antérieures suggéraient qu’elle pourrait également réduire les douleurs osseuses. Cette étude clarifie pourquoi : la PTH stimule les ostéoblastes (cellules qui construisent les os) pour produire Slit3, une protéine qui repousse les fibres nerveuses.

L’équipe a utilisé trois modèles de souris – vieillissement naturel, instabilité chirurgicale et prédisposition génétique – pour confirmer cet effet. Les souris traitées présentaient des plateaux vertébraux plus denses et plus stables (les couches situées entre les disques intervertébraux et les vertèbres) et une sensibilité réduite à la douleur après seulement un à deux mois d’injections de PTH. Ils toléraient mieux la pression, réagissaient plus lentement à la chaleur et étaient plus actifs.

Le mécanisme moléculaire : Slit3 et FoxA2

L’étude est allée plus loin en identifiant la voie moléculaire à l’origine de cet effet. La PTH déclenche la production de Slit3 par les ostéoblastes, qui agit comme un répulsif pour la croissance des fibres nerveuses. Les chercheurs l’ont confirmé en supprimant Slit3 des ostéoblastes, ce qui a éliminé les effets analgésiques de la PTH. Ils ont également découvert que FoxA2, ​​une protéine régulatrice, est essentielle au déclenchement de la production de Slit3 en réponse à la PTH. Ce niveau de détail est crucial pour développer des thérapies ciblées.

Implications pour le traitement humain

Bien que ces résultats proviennent d’études animales, ils peuvent expliquer pourquoi certains patients atteints d’ostéoporose sous PTH ressentent moins de maux de dos. D’autres essais sur l’homme sont nécessaires, mais cette recherche jette les bases d’essais cliniques explorant la PTH en tant que traitement modificateur de la maladie, et pas seulement comme analgésique.

« Notre étude suggère que le traitement par PTH de la lombalgie pendant la dégénérescence vertébrale pourrait réduire l’innervation aberrante, jetant ainsi les bases de futurs essais cliniques explorant l’efficacité de la PTH en tant que traitement modificateur de la maladie et soulagement de la douleur pour la dégénérescence vertébrale. » – Dr Janet L. Crane

Cette découverte représente un changement dans la façon dont les maux de dos chroniques pourraient être abordés. Au lieu de simplement masquer la douleur, cette recherche suggère un moyen de corriger le dysfonctionnement biologique sous-jacent. Le chemin vers l’application clinique est encore long, mais l’impact potentiel sur des millions de personnes souffrant de maux de dos chroniques est substantiel.