Tolyamory : la réalité tacite de nombreuses relations

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De nombreux couples naviguent dans un accord silencieux dans lequel l’un ou les deux partenaires négligent l’infidélité plutôt que d’y faire face directement. Cette dynamique, appelée « tolyamory » par le chroniqueur sur le sexe et les relations Dan Savage, décrit une relation fondée sur la tolérance des contacts sexuels ou romantiques extérieurs sans discussion ou consentement explicite. Contrairement à la non-monogamie consensuelle comme le polyamour, le tolyamour naît de l’acceptation de ce qui se passe déjà, et non d’une décision partagée.

Qu’est-ce qui définit Tolyamory ?

Tolyamory n’est pas une question de communication ouverte ou de désir mutuel de non-monogamie. Il s’agit plutôt d’un partenaire qui ferme les yeux sur le comportement de l’autre pour préserver la relation. La chercheuse en relations Marie Thouin le décrit comme le maintien d’un « couple socialement monogame » malgré une infidélité unilatérale. Cela diffère des concepts connexes tels que « poly sous la contrainte » (PUD) ou « ne demandez pas, ne dites pas » (DADT).

  • PUD implique qu’un partenaire accepte à contrecœur la non-monogamie pour éviter la rupture, tandis que DADT signifie que les deux partenaires savent que l’infidélité existe mais évitent d’en discuter.
  • Le Tolyamour, cependant, émerge souvent rétroactivement, par la découverte d’une infidélité ou un ultimatum, sans conversation préalable.

Est-ce courant ?

Bien que des données précises manquent, les experts suggèrent que les relations tolyamoureuses sont très répandues. Des exemples célèbres, comme les Clinton, illustrent comment les couples peuvent rester ensemble malgré l’infidélité, choisissant de l’ignorer plutôt que de poursuivre le polyamour ouvert ou la séparation. Le terme souligne que de nombreuses relations fonctionnent selon des règles tacites plutôt que selon des accords négociés.

Pourquoi le Tolyamory existe-t-il ?

Plusieurs facteurs contribuent à la dynamique tolyamoureuse :

  1. Normes culturelles : Certaines cultures acceptent discrètement les relations extraconjugales pour préserver les apparences.
  2. Inégalités de genre : Dans les sociétés aux dynamiques de pouvoir inégales, les femmes peuvent tolérer l’infidélité masculine en raison de leur dépendance financière ou sociale.
  3. Stigmatisation sociale : Le tabou entourant la non-monogamie aux États-Unis peut pousser les couples au déni plutôt qu’à la discussion ouverte.

En fin de compte, le tolyamour révèle une réticence à communiquer honnêtement dans les relations et une peur d’exprimer de vrais désirs. Les couples peuvent donner la priorité au maintien de l’illusion de la monogamie plutôt qu’à la résolution des problèmes sous-jacents.

“L’existence du tolyamour montre à quel point de nombreuses personnes sont réticentes à communiquer ouvertement dans leurs relations et à quel point elles ont peur d’exprimer leurs véritables désirs à leur partenaire.”

Tolyamory rappelle que les relations ne correspondent pas toujours aux récits idéalisés. De nombreux couples fonctionnent sur la base d’ententes non dites, où la tolérance l’emporte sur la transparence et où le silence préserve la façade de la monogamie.