Le cancer colorectal – cancer touchant le côlon ou le rectum – est de plus en plus diagnostiqué chez les personnes de moins de 50 ans, une tendance qui inquiète médecins et chercheurs. Même si les chiffres globaux restent relativement faibles, le taux d’augmentation est significatif, soulevant des questions urgentes sur les raisons de cette situation et sur ce qui peut être fait. Le décès récent de l’acteur James Van Der Beek, qui luttait contre la maladie, souligne la gravité de ce problème de santé croissant.
L’augmentation alarmante des diagnostics
Les données de l’American Cancer Society révèlent un quasi-doublement des diagnostics de cancer colorectal chez les adultes de moins de 55 ans entre 1995 et 2019, passant de 11 % à 20 %. Plus préoccupante est l’évolution vers des diagnostics à un stade avancé, qui se produisent désormais dans 60 % des cas, contre 52 % au milieu des années 2000. Cela signifie que la maladie progresse encore avant d’être détectée, réduisant ainsi l’efficacité du traitement.
Les médecins observent cette tendance depuis des années, les cas augmentant de 1 à 2 % par an depuis les années 1990. L’augmentation la plus spectaculaire concerne les groupes démographiques les plus jeunes : ceux âgés de 20 à 29 ans, ce qui nécessite une attention immédiate.
Pourquoi cela se produit-il ?
Les causes exactes sont encore à l’étude, mais des facteurs environnementaux sont fortement suspectés. Les chercheurs ne voient pas de changements génétiques expliquer cette augmentation, ce qui signifie que le mode de vie et les habitudes alimentaires jouent probablement un rôle crucial.
Les principaux facteurs contributifs comprennent :
- Régime occidental : Consommation élevée de viandes transformées, de sucres raffinés et d’aliments faibles en fibres.
- Obésité et problèmes métaboliques : Excès de poids corporel et maladies comme le diabète.
- Alcool et tabagisme : Facteurs de risque de cancer établis.
Ces facteurs se combinent pour créer un risque accru, même si aucun élément n’en est seul responsable. Les experts soulignent que la modération est la clé – il n’est pas nécessaire de supprimer tout plaisir de la vie – mais donner la priorité à la nutrition et à l’exercice reste vital.
Directives et défis en matière de dépistage
Les lignes directrices actuelles en matière de dépistage recommandent de commencer les coloscopies régulières à 45 ans, un changement par rapport aux 50 ans précédents en raison de l’incidence croissante chez les jeunes adultes. L’objectif est à la fois la détection précoce des cancers traitables et l’élimination des polypes précancéreux pour prévenir le développement de la maladie.
Toutefois, cela laisse un écart pour les moins de 45 ans, le groupe qui connaît les augmentations les plus significatives. Souvent, la couverture d’assurance ne s’étend pas aux personnes plus jeunes sans profil à haut risque.
Les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire de l’intestin (maladie de Crohn ou colite ulcéreuse) peuvent bénéficier d’un dépistage plus précoce. Si vous avez des inquiétudes, quel que soit votre âge, demandez un test à votre médecin – même si la couverture peut être refusée.
Au-delà des coloscopies : options alternatives de dépistage
De nombreuses personnes craignent les coloscopies, mais les experts soulignent qu’elles sont sûres et très efficaces. La préparation (nettoyage intestinal) est souvent la partie la plus inconfortable. Cependant, d’autres options existent :
- Test immunochimique fécal (FIT) : Test annuel d’échantillons de selles.
- Coloscopie virtuelle (CT Scan) : Requis tous les cinq ans.
- Coloscopie : Norme de référence ; permet l’ablation des polypes et la biopsie, répétée tous les 10 ans.
Le facteur le plus important est de se faire dépister, quelle que soit la méthode.
Reconnaître les signes
Les premiers symptômes du cancer colorectal comprennent :
- Saignement rectal : Sang dans les selles ou sur du papier toilette. (Bien que cela soit souvent causé par des hémorroïdes, ne l’ignorez pas.)
- Douleur abdominale : Inconfort persistant au niveau du ventre.
- Diarrhée : Selles molles et fréquentes.
- Anémie ferriprive : Faible numération globulaire due à une perte de sang invisible.
- Perte de poids inexpliquée : Diminution soudaine et involontaire de la masse corporelle.
- Modifications des habitudes intestinales : Constipation persistante ou évacuation intestinale incomplète.
Si vous ressentez l’un de ces symptômes, surtout si vous avez moins de 45 ans, consultez immédiatement un médecin.
L’essentiel
Le cancer colorectal est de plus en plus répandu chez les jeunes adultes en raison de facteurs liés au mode de vie et à l’environnement. La détection précoce grâce au dépistage et à la connaissance des symptômes est cruciale. Donner la priorité à un mode de vie sain, préconiser des tests appropriés et connaître vos antécédents familiaux peuvent contribuer à atténuer cette menace croissante.
Ignorer ces tendances n’est pas une option ; un engagement proactif envers votre santé est la meilleure défense.









